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“J’aime l’entreprise centrée sur l’humain” – Rencontre avec Faker BENDRIS

“J’aime l’entreprise centrée sur l’humain” – Rencontre avec Faker BENDRIS

Romain Chollet

Tout au long de nos parcours, nous nous posons mille et une questions, personnelles et professionnelles. Mais, aujourd’hui plus que jamais, la question essentielle est celle du sens que nous souhaitons donner à nos vies.

Se lancer malgré la peur

Nous avons observé de la solidarité durant le confinement, des prises de conscience, sur notre façon de consommer, mais aussi de regarder le monde. Notre façon de travailler a été impactée, nous obligeant à repenser nos modèles de management. L’humain, que nous incarnons tous au quotidien, change. Il évolue. Il se transforme. Ses envies aussi. Ses besoins également.

Avec le déconfinement, certaines émotions ont repris le dessus : la peur, notamment. Peur d’un changement profond qui aurait un impact peut-être difficile à gérer à court terme, et dont nous n’arrivons pas à voir le bénéfice à long terme. Mais aussi peur de la mort. Car, même si nous savons qu’elle est là en permanence, tout autour de nous, cette crise sanitaire nous y a confronté quotidiennement. Et c’est cette peur que tout puisse basculer du jour au lendemain qui nous pousse parfois à changer, ou à l’inverse à nous renfermer dans nos habitudes.

Malgré cette peur, chacun s’est déjà posé la question du sens qu’il souhaiterait réellement donner à sa vie. Et s’est déjà demandé : “Et si je me lançais ?”.

De nombreuses personnes franchissent le pas. On en connait tous une. J’en fais moi-même partie. Et, quelles que soient les difficultés rencontrées, nous sommes nombreux à y être parvenus. L’action, la détermination, sont importantes : il est donc essentiel d’agir pour opérer un vrai changement.

“J’avais un a priori négatif sur les coachs”

J’en viens à ma rencontre avec Faker BENDRIS. Il est de ces personnes que l’on croise un jour et qui intègrent notre vie. Vous ne savez pas pourquoi vous les avez rencontrées.

Il y a un peu plus de deux ans, en plein lancement dans l’entrepreneuriat, j’étais moi-même en quête de sens dans ma vie, bien qu’âgé de 24 ans seulement. Un beau jour, un homme que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam me contacte sur LinkedIn. Le premier élément qui me frappe, c’est sa Headline [Titre, NDLR]. Il y indiquait être coach professionnel.

Or, à ce moment-là, j’avais un a priori négatif sur les coachs. Mais, allez comprendre pourquoi, j’ai suivi mon instinct et j’ai répondu favorablement à sa proposition. C’est ainsi qu’un samedi matin, je me suis retrouvé à participer à un atelier de managers et d’entrepreneurs qu’il animait, en compagnie de dix autres personnes.

Deux ans et demi plus tard, cet homme m’a énormément apporté. Il m’a permis de puiser au plus profond de moi-même dans les moments les plus difficiles. Grâce à lui et son expertise, j’ai pu gravir des montagnes. Je n’aurais donc jamais pensé qu’un jour le coaching puisse m’être si bénéfique.

Cet homme s’appelle Faker BENDRIS. Coach professionnel, il n’a pourtant pas effectué toute sa carrière dans ce domaine. Comme moi, un jour il s’est lancé et a opéré un changement. Il nous en parle aujourd’hui dans BEBOLD. 

Faker, peux-tu nous raconter ton parcours ?

Faker BENDRIS : Je suis titulaire d’un diplôme d’Ingénieur en électronique et ses applications. J’ai eu la chance d’intégrer le monde des Télécoms où j’ai évolué pendant plus de 20 ans, dont 15 ans à des postes de manager. Pour moi, le secteur des Télécoms est l’industrie qui a le plus bénéficié d’innovations et de transformations pendant ces deux dernières décennies.

Au cours de mon parcours, j’ai piloté des équipes, des projets, mais aussi des activités, aussi bien en termes de conception que de réalisation et d’exploitation de solutions informatiques dans le business inter-entreprises.

Aujourd’hui, quelle est ton activité principale ?

FB : Je suis coach professionnel en entreprise et fondateur de Smart Emergence. J’accompagne des managers et leurs équipes, mais également des dirigeants et leurs projets, avec une approche principalement centrée sur les résultats.

Cette approche est redoutablement efficace parce qu’elle est personnalisée et responsabilisante. Elle est centrée sur l’humain et parfaitement compatible avec le côté pragmatique de l’entreprise. Personnalisée, car il n’y a pas qu’une seule manière de faire les choses, et responsabilisante car, quand on travaille en individuel, la personne devient totalement autonome sur le processus de développement et les équipes deviennent auto-apprenantes.

Je propose également des formations mixtes, c’est à dire 25% d’apport sur un sujet spécifique, et le reste sera principalement constitué de mises en situations, de partage d’expériences et de co-développement. On va travailler en mode coopératif et solliciter l’intelligence collective des personnes que j’accompagne.

Quel a été l’élément déclencheur pour que tu changes de carrière ?

FB : Ça s’est fait de manière progressive. L’élément déclencheur est que j’aime l’entreprise, vraiment, mais pas n’importe laquelle.

J’aime l’entreprise de cœur, celle qui va chercher l’alignement de son activité avec le sens dans sa stratégie, les actions de chacun, ses valeurs, sa raison d’être. Celle qui a conscience que l’humain est au cœur des défis qu’elle se pose.

Celle qui est lucide et mature et qui a compris que les tâches manuelles et intellectuelles ont toutes été automatisées par la machine et que ce qui va vraiment faire la différence pour elle sur le marché, c’est tout ce qui n’est pas automatisable, à savoir le collaboratif, la négociation, le leadership, la capacité à créer de vraies alliances, de vraies relations et de vrais partenariats.

En fait, tout tourne autour des “softs skills” (compétences comportementales, NDLR) et des compétences managériales qui vont créer l’envie et l’énergie auprès des collaborateurs au sein de l’entreprise. Ces qualités vont être bénéfiques aussi bien en interne qu’en externe, notamment auprès des partenaires, clients et fournisseurs de la société.

J’ai mis en place un accompagnement que j’appelle l’accompagnement L.A.S.E.R et qui est basé sur l’essentialisme car on fait un focus comme avec un laser, et en même temps c’est l’acronyme de mes valeurs : Liberté, Audace, Simplicité, Efficacité, Respect. La simplicité est très importante car il faut selon moi beaucoup d’intelligence pour faire des choses simples.

Quelles sont les difficultés que tu as pu rencontrer et comment les as-tu dépassées ?

FB : Ni plus ni moins que les difficultés liées à l’entrepreneuriat. L’entrepreneur est une personne isolée qui a un périmètre d’action très large car il intervient à tous les niveaux au sein de son activité, même si ce n’est pas son domaine d’expertise. Cela requiert de grandes capacités d’organisation, mais aussi des qualités personnelles comme la patience, ou bien la capacité à toujours croire en son projet et à l’impossibilité de son échec.

Pour y arriver, j’ai investi sur moi, et j’ai surtout continué à investir sur moi. Je suis resté fidèle à ma stratégie de base, donc je me suis fait coacher, je me suis formé et je continue de le faire, je noue et entretiens des partenariats, je suis au clair avec le sens de ma reconversion mais aussi avec les valeurs que j’incarne. Il faut savoir que c’est sur les valeurs que l’on fonde nos actions dans un premier temps, et puis ça nous donne plusieurs critères importants : critère d’évaluation, de sélection et de décision. Je crois aussi que je suis resté en action. Il faut rester dans l’action, car si l’on ne fait rien, il ne se passe rien. Et si l’on ne fait rien de différent, alors rien ne change.

Au-delà de ça, je pense être un coach utile, étant donné l’expérience que j’ai eue tout au long de ma carrière, au travers de fusions, rachats, réorganisations, mais aussi de belles courses au défi, à la productivité. Tout cela associé à mes formations exigeantes et diplômantes de coach me donne toute la légitimité pour accompagner les entreprises dans les situations que je viens d’évoquer. Je consens à la réussite de mon projet et de ma mission, comme pour un mariage. 

Comment ta famille a accepté cette volonté de changer de vie ?

FB : J’ai eu deux réactions différentes. Celle de mon épouse et de mes enfants d’une part. Je trouve que cette transition s’est faite très naturellement, car nous communiquons beaucoup ensemble, sur notre actualité, sur comment nous voyons les choses, et sur ce que l’on souhaiterait partager.

Du coup, cette reconversion a été acceptée comme une suite logique à ma carrière et par rapport au chemin de vie que je souhaitais emprunter.

En revanche, avec mes parents ou mes frères et sœurs, cela a été un peu différent. Ils m’ont plutôt questionné : si j’étais sûr de faire le bon choix, si j’étais sûr de vouloir quitter un salaire et une situation confortable. En fait, ils ont plutôt transféré leurs propres peurs plutôt que d’appuyer mon choix et de m’encourager. Heureusement, cela n’a aucunement nui à mon implication ni à ma motivation.

Est-ce que tu t’es posé des questions avant de te lancer ? Avais-tu peur ?

FB : Oui pour les deux.

Je me suis posé beaucoup de questions avant de me lancer, mais je me suis vite rendu compte que je devais plutôt aller chercher les réponses. Et puis, se lancer dans un projet, c’est aussi accepter l’incertitude, en travaillant sur soi notamment.

J’ai mis en place des plans d’actions, que j’ai suivis. Cela m’a donné des informations sur ce que je devais supprimer, ajouter ou ajuster dans mon projet.

Quant à la peur, évidemment, je suis humain donc j’ai eu peur. La peur demande plusieurs choses dont la sécurisation, donc j’ai posé des garde-fous, des périmètres, pour me sécuriser, mais en restant dans l’action. Cela permet de voir les résultats et de continuer à avancer.

Quelles sont les difficultés que tu rencontres aujourd’hui ?

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Les difficultés que peuvent rencontrer les entrepreneurs, autour de la gestion du temps et des priorités. Il faut donc rester focus sur les actions à très forte valeur ajoutée (les clients et les projets notamment). L’Essentiel est sans cesse menacé par l’Insignifiant, il est donc indispensable de mettre notre énergie au bon endroit.

Difficulté liée à l’actualité. J’entends par là la période de confinement puis celle du post-confinement dans laquelle nous nous trouvons et qui bouleverse tous nos repères. Le monde s’est reconnecté à son essentiel. Il faut apprendre à travailler avec de nouveaux modèles, des incertitudes. Cela a eu des conséquences sur de nombreuses activités. Par exemple, la prospection est devenue une démarche relationnelle et non transactionnelle. Il faut se concentrer sur la création de vraies relations, de vraies alliances et trouver des liens intelligents entre les besoins des clients et les offres que je peux leur proposer.

As-tu trouvé un sens à ta vie grâce à cette nouvelle voie ?

Oui, je suis complètement aligné et ancré dans mes valeurs avec mon métier. Je nourris aussi ma mission de vie grâce à mon activité, ma mission qui est de protéger. Si on veut creuser un peu plus le sens, eh bien je ne coache pas : je protège en convoquant des intelligences, des prises de conscience et des mises en action. J’invite les personnes et organisations à devenir autonomes en vivant leur vie professionnelle et personnelle à un niveau supérieur.

Aujourd’hui, avec le recul, si tu devais faire une chose autrement, quelle serait-elle ?

Je passerais moins de temps et d’énergie à essayer de convaincre mon réseau proche (famille, amis, etc.) du bien-fondé de mon choix . Il faut apprendre à faire confiance à la vie, aux lois de l’univers et aller chercher en dehors de son réseau les relations susceptibles de créer de nouveaux projets. 

Pour toi, c’est quoi la quête de sens ? Que conseillerais-tu pour y parvenir ?

C’est de comprendre ce dont on a besoin pour être bien dans le présent. Prendre conscience qu’on ne peut pas vivre dans le passé, et que le futur n’est qu’une projection mentale dont on ne pourra s’occuper que lorsque cela deviendra le présent.

Si tant est que je sois une personne valable pour donner des conseils1, le mien serait d’être authentique quoi qu’il advienne. Accepter sa vulnérabilité, qui est une force. Je le disais plus tôt, faire confiance à la vie, trouver sa place naturellement, comprendre pourquoi on se lève le matin sans réveil. Être sensible à la vie, mais pas à l’ego. 

Quel conseil souhaiterais-tu donner aux lecteurs ?

Je peux peut-être plutôt donner des éléments qui m’ont permis de garder le cap :

  • Cultiver un regard positif sur les choses. L’attention va vers le regard et l’énergie va vers l’attention. L’énergie va donc vers le regard. Quand vous prenez un virage à vélo, à moto, voire même à ski, si vous regardez le décor, vous finirez dans le décor. C’est la même chose ici.
  • Trouver une opportunité dans chaque événement, et surtout le mesurer. On devient ce que l’on mesure. Donc il est important de mesurer quelque chose de positif, un progrès, une évolution, des succès.
  • Utiliser la joie et l’enthousiasme comme des moteurs. Ce sont les seules émotions positives que l’on a, il serait donc dommage de s’en passer et de les brider. 

Un dernier message à faire passer ? 

Être vigilant, faire attention à ses pensées et ne pas hésiter à les challenger. Nos pensées créent notre réalité, laquelle va provoquer des comportements, adaptés ou non, mais qui vont conditionner nos résultats. D’ailleurs, une personne que j’apprécie beaucoup m’a dit un jour : “Faker, penser c’est hésiter”. Il ne faut pas hésiter, il faut se lancer dans l’action. Cela va nous permettre d’obtenir des informations clés, qui vont nous laisser la possibilité d’ajouter, d’ajuster ou de supprimer des choses dans nos actions. Et c’est essentiel.”

Le discours de Faker est très important. Il est important, car cela nécessite de profondes remises en question. Pas au sens macro, à savoir notre environnement. Non. Au sens micro, c’est-à-dire avoir la capacité de se remettre soi-même en question.

C’est en cela que la quête de sens et son résultat s’obtiennent. Comme le dit Faker, il faut agir, ne pas juste penser. Agir selon ses valeurs.

Mais ce cheminement ne peut se faire seul. S’il est clair que l’on arrive à avancer un peu en travaillant sur soi-même dans son coin, on va beaucoup plus loin lorsque l’on fait appel à des professionnels. Le miroir du coaching me rendait sceptique également avant de le découvrir.

Pourtant, je pense que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre sur moi et sur ce que je suis capable de faire et de mettre en place. Le coaching est un processus qui doit se faire sur la durée, long et parfois rugueux. Mais c’est un processus bénéfique à quiconque aspire à trouver un sens à sa vie.

Si vous souhaitez entrer en contact avec Faker, vous pouvez l’ajouter sur LinkedIn , lui faire parvenir un mail à faker.bendris@smart-emergence.com, ou le contacter au +33 6 19 28 23 51

1 Les coachs professionnels ne donnent pas de conseils. Ils convoquent des intelligences, donc il n’y a pas qu’une seule manière de faire les choses. La manière la plus importante de faire est celle qui a cheminé dans l’esprit du coaché. C’est pour cela que les coachs professionnels ne donnent pas de conseils.

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