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Comment accepter d’aller mal m’a aidée à aller mieux !

Comment accepter d’aller mal m’a aidée à aller mieux !

Rozenn Amevet

Je suis photographe ! Oui, aujourd’hui, je suis enfin capable de l’affirmer.

Il faut dire que quand je me suis lancée en tant qu’autodidacte, il y a 10 ans environ, les réseaux sociaux n’étaient pas aussi présents dans nos vies pour nous servir d’outils et, à mes yeux, oser se lancer dans un domaine inconnu, du jour au lendemain, paraissait inaccessible.

L’élément déclencheur : le souffle coupé

Il m’en aura fallu du temps pour me sentir légitime dans cette fonction, j’avais pourtant un statut d’auto-entrepreneur, quelques clients, des proches qui croyaient en mon travail plus que moi-même je n’y croyais… Mais je ne vivais pas pleinement ma passion et me cachais derrière une activité salariale instable et peu épanouissante.

Il y a 3 ans, ma vie a pris une toute autre tournure. En effet, 3 jours après le nouvel an, j’ai brutalement perdu mon pilier, ma belle-mère avec qui ma relation était fusionnelle depuis 17 ans, dans un accident digne d’un scénario catastrophe. Cette femme, l’une des seules qui croyait en moi et me poussait toujours à voir le meilleur de mes capacités, venait de perdre la vie par noyade au volant de sa voiture tombée dans la Marne suite à un malaise.

Le souffle littéralement coupé, à partir de cet instant je me suis mise à suffoquer, aussi bien symboliquement que physiquement, ce qui a engendré une année entière d’examens médicaux. C’est un peu comme si je m’étais arrêtée de respirer en même temps qu’elle…

J’ai surmonté ce deuil comme je le pouvais mais mon activité fut totalement mise entre parenthèse, comme s’il était impératif de me soigner d’abord pour pouvoir reprendre une vie “normale”. J’ai donc fait ce que l’on appelle une dépression post réactionnelle et mon activité se mourrait doucement. J’étais d’ailleurs vendeuse dans un magasin bio en parallèle mais, rien n’y faisait, je vivais comme un robot.

Accepter de ne pas aller bien et devenir une nouvelle personne

Et puis un jour, lors de vacances d’été où je me trouvais en famille et enfin heureuse pour quelques jours, j’ai senti qu’il se passait quelque chose. J’ai compris à ce moment-là qu’il fallait que j’accepte d’aller mal, que j’arrête de subir, de lutter, bref, que je lâche prise, et mon corps également. J’ai compris aussi que sans ça, rien ne pourrait aller mieux. C’est donc ce que j’ai commencé à faire à mon rythme. Je me suis sentie envahie par une nouvelle vague d’énergie, d’une puissance telle que je n’en avais encore jamais connu.

A partir de là, plus rien ne m’arrêtait, j’étais une nouvelle femme…

J’ai naturellement commencé à parler de mon activité autour de moi et sur les réseaux sociaux, chose que je ne faisais absolument pas auparavant. J’ai commencé à y croire, à me sentir légitime et à me faire ma place. Je me suis mise à élargir mon réseau et à provoquer les opportunités autour de moi. A partir de là, j’ai senti que je n’avais plus peur de rien.

Plus peur de rien

Certes, ce changement est venu grâce au temps et à ma réflexion, mais toutes les actions qui en découlaient n’ont entraîné que du positif.

La perte d’une personne chère est toujours dramatique, le manque est énorme et laisse des cicatrices mais, au fond, malgré la souffrance, je remercie la vie de m’avoir secouée. Je crois qu’il me fallait une bonne gifle pour voir les choses sous un nouvel angle. J’ai bien cru que la femme joyeuse et insouciante que j’étais depuis toute petite avait définitivement disparu avec elle, et cela a été le cas pendant quelques temps d’ailleurs, mais j’en ai tiré de belles leçons.

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Une liste de leçons

Même si la vie m’a changée, ma joie, mon bonheur et l’étincelle qui brillait dans mes yeux, sont revenus. Et oui, tout n’est pas perdu, même si ce que l’on vit paraît insurmontable et qu’il faut du temps, on peut toujours se reconstruire ou rebondir.

  • J’ai pu apprendre que cela ne sert strictement à rien de lutter contre nos émotions.
  • L’acceptation est, selon moi, un gain précieux de temps et d’énergie
  • Prendre le temps qu’il faut, accepter la douleur, s’écouter, laisser sortir les émotions d’une façon ou d’une autre, faire la paix avec soi-même… voilà ce que cette douloureuse expérience m’a enseigné
  • Pour finir, j’ai enfin compris que j’avais ma place dans ce beau métier de la photographie, et ce malgré mes doutes et mon manque de confiance

Je l’ai compris tardivement, c’est vrai, et, quand j’y pense, c’est cette même femme lumineuse qui croyait tant en moi et me poussait toujours en vain, qui aura, finalement, réussi à me délivrer le plus beau des messages et m’aura guidée sur la bonne route, même si c’était brutal et violent.

Rien ne peut m’arrêter

Aujourd’hui, rien ne peut m’arrêter, après tout, j’ai bien réussi à surmonter cette épreuve. Je suis capable de tellement de choses… Il suffit juste d’essayer et de voir où chaque pas va me mener.

Nous sommes tous capables d’accomplir de grandes choses mais nous ne sommes pas toujours capables de le voir, jusqu’au jour où la vie nous montre la direction à prendre.

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