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Quand tu ne peux plus retourner en arrière, regarde devant toi

Quand tu ne peux plus retourner en arrière, regarde devant toi

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J’ai tendance à penser que tous les instants de notre vie sont décisifs puisque chaque action a un impact plus ou moins important sur notre environnement ou sur nous-même. Mais il y a des moments que l’on aimerait bien revivre pour agir différemment. Des moments qui ont été trop courts avec des proches qui ne sont plus là, à qui on aimerait dire combien on les aimait. Des instants où nous avons pris une mauvaise décision et dont les conséquences sont encore bien présentes aujourd’hui. Parfois même, on reste bloqué en arrière : dans ce passé qui nous dérange. On est comme dans une prison et on a l’impression de ne pas pouvoir en sortir. J’ai une bonne nouvelle pour vous… Vous n’êtes pas obligé de rester en arrière, encore moins dans cette prison. Et si, par le plus grand des hasards, vous étiez aussi en prison, je vous assure qu’il est possible d’en sortir… car la vraie prison se trouve à l’intérieur de soi et c’est ici que nous allons agir.

AVEC DES « SI », ON REFAIT LE MONDE SANS LE VIVRE

J’ai commencé un nouveau Kdrama[1] : Itaewon Class sur Netflix et j’ai été complètement secouée par ce que j’ai pu y voir. L’histoire n’a rien d’extraordinaire, dans le fond, elle concerne tout le monde puisqu’elle traite d’injustice et nous y sommes tous confrontés un jour ou l’autre, de manière frontale ou non. Ce n’est pas vraiment le scénario qui m’a fait réfléchir mais plutôt les réflexions des personnages. Prenez une « mauvaise » décision et le cours de votre vie ainsi que celle de vos proches peut changer du tout au tout. Certains préfèrent d’ailleurs ne prendre aucune décision, en espérant qu’ils pourront laisser la vie se dérouler sans assumer les conséquences de leurs propres actions. D’autres, à l’inverse, se disent que de toute façon, puisque tout mène à la mort, pourquoi ne pas y aller franchement ? Vivre est parfois épuisant, non ? Mais je vous assure, cela en vaut la peine. Revenons-en au sujet de cet article : la difficulté de rompre avec le passé. N’est-ce pas un paradoxe de souhaiter rompre avec le passé lorsqu’il nous définit ? Ce que je suis aujourd’hui, je le dois à tout ce qui m’est arrivé, de bon comme de mauvais, mais aussi à toutes les décisions que j’ai prises : bonnes ou mauvaises. En partant de ce postulat, je me dis qu’il n’y a pas réellement de mauvaises décisions parce que je ne regrette pas d’être la personne que je suis à cet instant.

Un exemple concret : mon mariage foireux. J’ai divorcé après avoir passé dix années de ma vie avec un homme avec qui je pensais la passer tout entière. Personne ne m’a forcée à l’épouser, j’étais persuadée que c’était la meilleure chose à faire. Ce n’est clairement pas une bonne raison pour se marier mais peu importe, ce qui est fait est fait et de cette histoire est née ma princesse, celle que j’appelle affectueusement « mon petit cœur ». Comment pourrais-je regretter un choix aussi misérable si celui-ci m’a permis d’acquérir un précieux trésor ?

Mais tout cela est une question de perception. Comment voyez-vous l’impact que vos « mauvaises » décisions ont eu sur vous ? J’aurai pu, comme il arrive parfois, en vouloir à ma fille d’être née. Il arrive malheureusement que certains parents rejettent leurs enfants pour des raisons X ou Y. J’ignore de quelle manière les psychologues ou les philosophes considèrent la chose mais pour ma part, je considère que j’ai pris une décision : celle d’aimer ma fille et de ne jamais lui reprocher des choix que j’ai pris en mon âme et conscience. Oui, je crois que l’amour est une décision et non pas un sentiment vaporeux qui vient et qui part au gré des circonstances (je vous en reparle dans un autre article).

LA VIE EST UN TERRAIN D’APPRENTISSAGE : TOUT PEUT ETRE UTILE POUR NOTRE ENSEIGNEMENT

Quels sont vos plus grands regrets ? Qu’avez-vous appris de ces regrets ? Votre réponse à ces questions peut être déterminante pour vous détacher de vos regrets. Si les leçons tirées de ces regrets ne concernent que les autres, il y a fort à parier que vous avez encore beaucoup de leçons à tirer de ces expériences (que vous devez considérer comme « mauvaises »). Pour ne plus vivre dans le passé et ne plus passer sa vie en arrière, il faut réaliser que nous sommes responsables de nous-mêmes. Cela ne veut pas dire que vous êtes coupable d’avoir vécu une injustice si cela a été le cas, mais plutôt que vous êtes responsable de vos pensées et de votre attitude après cela. Plus vous allez ruminer sur le mal qui vous a été fait, moins vous pourrez évoluer et découvrir comment grandir. Oui, il s’agit de remettre en question vos pensées et donc votre attitude. Essayez d’être objectif avec vous-même et de ne pas être trop dur envers vous. Si vous ressentez de la culpabilité par exemple, essayez de vous placer dans une posture extérieure et de vous demander ce que vous vous diriez à vous-même sans être vous. En gros, imaginez un instant que vous devenez un ami de vous-même et que vous vous adressez à vous en son nom, qu’est-ce que vous vous diriez ? Cet exercice, je l’ai pratiqué sur moi-même il y a quelques années après avoir brisé la parole sur les viols que j’avais subi pendant longtemps. Je m’en voulais de ne pas avoir parlé plus tôt, de ne pas avoir suffisamment « refusé » même lorsqu’aux yeux de la société, j’en avais les « moyens ». Pour en arriver là, il m’a fallu mesurer l’ampleur de ce qu’est un viol. Il ne s’agit jamais que d’une atteinte physique, il y a toujours une atteinte morale et psychologique. Lorsque le bourreau est une personne que vous connaissez, respectez et qui est supposé être votre source de sécurité, parler, ce n’est pas simplement dénoncer, c’est aussi démolir une figure imposante et, dans mon cas, c’était briser une famille. Je n’en avais pas le courage et, avec le recul, je sais que je n’avais pas à me sentir coupable de quoi que ce soit. Ce qui m’a aidé à en prendre conscience ? Un travail de recherche sur le sujet.

On ne peut pas être objectif avec soi-même, humainement, cela me semble impossible. En revanche, on peut prendre une posture extérieure pour évaluer une situation. Dans mon cas, j’ai pris la posture d’experts du sujet, j’avais lu des articles de professionnels reconnus et j’ai découvert la notion de mémoire traumatique, entre autres. Vous n’avez pas forcément besoin d’aller aussi loin, cela va dépendre de votre situation. Choisissez simplement une posture extérieure, il peut s’agir de se mettre à la place d’un personnage que vous admirez ou d’une personne que vous appréciez, et imaginez-vous ce que cette personne dirait de votre situation.

LE PARDON, UNE FORCE POUR AVANCER

Il faudrait tout un article pour parler du pardon, peut être même un livre ! Le pardon est parfois compris comme le fait de passer l’éponge et de faire comme si de rien n’était. Pardonner veut dire littéralement « donner complètement » ou « remettre » (voir ici  et ). Mais on remet quoi ? Une faute qui a été commise à notre égard. L’acte de pardon c’est rendre à quelqu’un sa faute, c’est dans le cœur que cela se passe et non de manière physique. Le pardon, ce n’est pas se venger. C’est l’idée qu’on rend à l’autre le mal qu’il nous a fait. C’est pour cette raison que l’on dit que le pardon est un acte libérateur. Refuser de pardonner, c’est comme accepter de garder une douleur dans son cœur dont on pourrait se libérer. C’est bien sûr un travail difficile qui peut prendre du temps mais qui peut vous affranchir. Vous voyez l’amertume que vous ressentez face à X qui vous a mal parlé ? Ou face à Y qui vous a fait beaucoup de mal ? Sachez que lui pardonner, ce n’est pas oublier puisqu’on reconnaît bien que quelque chose a été fait. Pardonner, ce n’est pas non plus revenir vers les personnes qui vous ont blessé ou vous mettre dans des situations de danger. J’ai décidé de couper les ponts avec une partie de ma famille, bien trop toxique pour moi. C’était difficile mais vital. Le pardon m’a simplement permis de ne plus les garder dans mon cœur, de ne plus me sentir triste ou aigrie en y repensant. Pardonner est un acte intérieur avant tout et c’est sans aucun doute quelque chose qui nous permet de quitter le passé, surtout lorsqu’il a été douloureux. Si c’est à vous que vous faites des reproches, sachez que rien ne change. Pour faire la paix avec vous-même et avancer, il vous faudra vous pardonner.

Okay, maintenant que nous avons compris combien il était important de se pardonner, passons à la suite. Faisons des plans d’avenir en restant pleinement dans le présent.

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REGARDE DEVANT TOI MAIS N’OUBLIE PAS DE PROFITER DU MOMENT

En voiture, lorsqu’on conduit, on ne peut pas regarder le sol car la voiture nous amène d’un point A à un point B. On regarde donc devant sans jamais oublier de regarder tout ce qu’il y a tout près de nous. Vous vous êtes déjà demandé comment vous faisiez cela ? Pourquoi vous en étiez capable ? J’imagine que non. On vous a simplement appris qu’il fallait faire attention à tout ce qui vous entoure et toujours regarder devant. De temps en temps, on regarde en arrière mais on ne reste pas focalisé là-dessus. Pourquoi voulez-vous que dans la vie les choses soient différentes ? De la même manière que sur la route, d’autres véhicules circulent autour de nous, dans la vie, nous ne sommes pas seuls. De la même manière que nous devons assurer notre véhicule, il nous faut assurer nos arrières… Cela signifie que votre véhicule, votre vie si vous préférez, ne peut se faire sans vous. Ayez des projets de destinations, rêvez d’aller loin mais n’oubliez jamais ce qui vous entoure.

La route est plus ou moins longue mais les paysages peuvent être époustouflants !

Osez ! #BEBOLD


[1] Série télévisée coréenne

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