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La naissance de BEBOLD ou comment j’ai transformé mes épreuves en forces

La naissance de BEBOLD ou comment j’ai transformé mes épreuves en forces

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C’est toujours compliqué de parler de soi. Et ce n’est pas parce que je suis habituée à prendre la parole que c’est un exercice aisé. Toutes nos prises de paroles nous concernent, même lorsque l’on parle d’un projet personnel. BEBOLD est clairement issu de mon histoire, est-ce pour autant que cela ne vous concerne pas ? Bien au contraire. Prenez un café, un thé ou un chocolat chaud et installez-vous confortablement. Dans cet article, je vais vous raconter comment j’en suis venue à penser “BEBOLD”.

EN THÉORIE, TOUT VA BIEN

Dans le monde imaginaire que je m’étais créé, tout allait bien. J’avais un mari formidable que j’avais rencontré au lycée et que j’avais eu la “chance” d’épouser. Une belle-famille (trop) présente que j’adorais tout autant, peut être plus que ma famille. Je vivais à Londres, en Angleterre. Je travaillais pour la chaîne de télévision internationale Euronews, je gagnais plutôt bien ma vie. Je souriais beaucoup mais… les apparences sont rarement le reflet de la vérité. C’est pour cette raison qu’on les nomme ainsi.

DANS L’OMBRE, RIEN NE VA

En vrai, j’étais malheureuse mais je l’ignorais, car tout ce que je vivais était ce que j’avais toujours connu. J’ai grandi dans un foyer où on m’a appris l’importance de bien paraître. “Personne ne voudra de toi si tu es triste”, “Si tu es malade souvent, ton mari t’abandonnera.”, “Ne sois pas faible, tu dois faire des efforts” – voici le genre de phrases que j’entendais régulièrement dans le foyer au sein duquel j’ai grandi. Lorsque je me suis mariée, j’ai tenté d’appliquer scrupuleusement ce qu’on m’avait enseigné. Je faisais donc au mieux pour plaire à ma belle-famille autant qu’à mon mari. J’ai grandi dans un foyer multiculturel, donc je n’étais pas seulement Française mais également Congolaise. La pression que je vivais dans ma famille biologique, je l’ai retrouvée dans mon mariage. Les choses n’étaient pas exprimées clairement mais elles étaient sous-entendues et attendues. Tout a basculé lorsque, malgré nos 4 années de vie commune, je ne tombais toujours pas enceinte. Ma belle-mère, fervente religieuse ainsi que ses filles, ont commencé à exprimer leur mécontentement. D’abord avec légèreté, des simples paroles, puis avec un silence insidieux. Mon mari dans tout cela ? Il pratiquait le silence qu’il alternait avec des périodes de pression. Très peu voire aucun dérapage puisqu’il fallait, même au sein du couple, sauvegarder les apparences. Jusqu’à ce que diverses révélations changent la donne.

BRISER LE SILENCE, C’EST SORTIR DU SCHEMA DE LA PEUR

J’ai révélé à mon mari que j’avais subi des viols au sein de ma famille. C’était la première fois que j’en parlais, je crois bien avoir parlé d’abord d’abus. Le mot viol était beaucoup trop violent pour moi mais c’est bien ce dont il s’agissait. Quelque temps avant, mon mari m’avait trompé avec une femme qu’il avait rencontrée sur un site de rencontres. La raison invoquée pour justifier cette infidélité ? L’envie d’avoir un enfant. C’est drôle, non ? Une réconciliation et des semaines plus tard, je tombais enceinte. C’était décidé, nous allions rentrer en France pendant un an, le temps de mon congé maternité.

QUAND RIEN NE SE PASSE COMME PRÉVU, TOUT VA BIEN

Aujourd’hui, quand je prends une décision, je m’assure d’avoir la paix dans mon cœur. A cette époque, je n’avais aucune conscience de mon cœur. Ce qui importait, pour la jeune femme en manque d’amour que j’étais, c’était de plaire à ceux que j’aimais plus que moi-même. Une chose en amenant une autre, je me suis finalement retrouvée seule avec ma fille nouvelle-née à Mulhouse, en France. Originaire de la région parisienne, je n’avais aucun lien avec cette petite ville alsacienne, mais j’allais y passer environ 9 mois. 9 mois intensément difficiles mais aussi extrêmement joyeux. Mon mari y avait sa maîtresse avec qui il avait conçu un enfant qui allait naître quasiment au même moment que ma fille. Ma belle-famille ? Ils étaient toute la famille qu’il me restait mais j’étais devenue, d’après leurs dires, “une sorcière”, et je méritais donc, en plus d’une procédure de divorce, de subir diverses formes d’humiliations. Si ces lignes sont difficiles à lire et imaginer pour certains d’entre vous, sachez que les choses étaient encore plus difficiles à vivre pour moi. Et le lien avec BEBOLD dans tout cela ? J’y viens.

LORSQUE L’ON CROIT MANQUER DE TOUT, NOUS AVONS TOUJOURS L’ESSENTIEL

Vous voyez cette image ? C’était en janvier 2017, je venais de d’acquérir de manière quasi miraculeuse un appartement à Mulhouse. Comme je vous l’ai dit précédemment, j’étais revenue en France pour un an, je ne planifiais pas de rester. Je n’avais donc pas de situation stable : je percevais uniquement mes indemnités de congé maternité.
Je n’avais pas assez d’argent pour vivre décemment, mais des propriétaires dans le privé m’ont fait confiance sans que je puisse apporter d’autre garantie que ma parole. Je mangeais presque à ma faim grâce aux associations et à quelques amis que je venais de rencontrer. J’avais pu meubler mon appartement par des dons. Ceux qui m’avaient connue avant cette période auraient sans doute été scandalisés par ma situation. Je ne semblais pas avoir grand-chose pour moi. Pourtant, j’avais la vie. LA VIE, les amis. Et j’avais décidé de m’y accrocher !
Mon audace et ma persévérance ont été déterminantes.

SI PERSONNE NE M’OFFRE D’OPPORTUNITÉS, JE VAIS LES CRÉER MOI-MÊME !

« Comment vas-tu trouver un appartement sans travail, sans garanties ? »

– Je ne sais mais je vais essayer, je n’ai rien à perdre ! Répondais-je à toutes les personnes sceptiques qui me prenaient pour une folle. Deux semaines plus tard, je trouvais cet appartement de 56m2 refait à neuf, avec avec une terrasse de 13m2.

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Écoute ta petite voix

« Nous ne pouvons pas vous donner des couches d’une taille supérieure, madame, car nos stocks sont très limités et contrôlés» me disait une bénévole des Restos du Cœur. Il ne me restait plus que 5 couches et je n’avais pas plus de 5€ sur mon compte. Ce jour-là, je suis rentrée chez moi en larmes. Mais une fois arrivée, je me suis dit que mes larmes ne serviraient à rien, alors j’ai mis de la musique et j’ai dansé. J’ai fait à manger avec ce que je venais d’acquérir et j’ai célébré le fait que j’allais avoir à manger pour la semaine. Quelques minutes plus tard, je recevais un message de la Sécurité sociale qui venait de me virer de l’argent. C’était des remboursements qu’elle me devait depuis longtemps. 54€. J’avais largement de quoi acheter des couches.

Dans ma vie, et pendant cette période en particulier, j’ai essuyé bien des refus et je me suis imaginée mourir de fatigue par moments. Heureusement, la vie est tout ce que nous avons et elle nous donne, je le crois, toujours l’essentiel. Pourvu que l’on soit capable de le voir. Je l’ai vu et j’ai regardé à l’essentiel : j’avais beaucoup d’amour et j’avais tellement d’espoir. Je me disais « tant que je respire, ce n’est pas encore fini ! ». Si personne ne m’offre d’opportunités, je créerais ces opportunités.

SI PERSONNE NE CROIT EN MOI, JE CROIRAIS EN MOI

L’espace de travail que je me suis installée à la maison vers la fin de mon séjour à Mulhouse

BEBOLD est né de cette volonté de partager l’idée selon laquelle l’audace peut tout changer. Elle est créative. L’audace d’être qui nous voulons. L’audace de croire encore en soi. L’audace d’aller là où on ne nous attend pas. L’audace de vivre pleinement.

BEBOLD !

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